Rumeurs d’abandons d’enfants en Grèce
L’histoire, publiée en décembre par le grand journal conservateur Kathimerini, avait fait le tour du monde, illustrant les affres de la population grecque victime de la crise : une petite fille, Anna, aurait été abandonnée à la maternelle avec une note dans laquelle la jeune mère «s’excusait de ne pas avoir les moyens d’élever sa fillette». Un reportage du Guardian évoquait quant à lui un couple de Patras qui, faute de ressources, cherchait à «placer»4 de ses 10 enfants.
«Il s’agit d’incidents isolés montés en épingle», tempête le président de l’association Sourire de l’enfant, qui accueille 285 petits dans 11 centres à travers le pays. Même indignation chez Marina Katsimbali, directrice du centre chrétien l’Arche du monde, qui s’occupe des enfants des rues : elle se plaint d’appels téléphoniques incessants, «y compris d’Australie et de Nouvelle-Zélande», et voudrait «en finir avec cette histoire, d’autant que la journaliste auteure de l’article s’apprête à modifier sa version». Quant aux services sociaux de la mairie de Patras, ils expliquent que les motivations du couple n’étaient pas totalement désintéressées et que le problème est en voie de règlement. Comme un accès de fierté nationale dans un pays où la famille reste la véritable colonne vertébrale de la société et où l’enfant est sacré. Pourtant, le constat n’en est pas moins unanime sur la réelle dégradation de la situation depuis le début de la crise. Stérios Sifnios, de l’ONG SOS Villages d’enfants, à l’origine de l’histoire d’Anna, souligne qu’il y a une forte augmentation des demandes de familles qui «n’arrivent plus à joindre les deux bouts alors qu’auparavant il s’agissait surtout de cas sociaux».
L’année 2011 a connu un doublement des demandes d’aide dans la région d’Athènes, où 45% des 190 dossiers concernent uniquement des problèmes économiques. Ce sont des mères seules, ou des couples ayant perdu emploi et logement, des Grecs en grande majorité, qui s’adressent aux juges pour enfants à la recherche d’une solution provisoire de placement. Qui aboutit rarement faute de structures publiques suffisantes. «La crise agit comme une loupe grossissante sur des problèmes préexistants : santé, violence, négligence… et elle génère angoisse et crises de panique», explique le psychologue Stephanos Alevisos. Ce que confirme une responsable à la mairie de Patras, où 5 assistantes sociales, seulement, s’occupent d’une vaste population comprenant de nombreux immigrés : «A Noël, nous avons distribué des colis à 1 200 familles, contre 700 en 2010, dont des Grecs qui ont dépassé le stade de la honte et qui réclament du lait et des vêtements pour leurs enfants.»
L’histoire, publiée en décembre par le grand journal conservateur Kathimerini, avait fait le tour du monde, illustrant les affres de la population grecque victime de la crise : une petite fille, Anna, aurait été abandonnée à la maternelle avec une note dans laquelle la jeune mère «s’excusait de ne pas avoir les moyens d’élever sa fillette». Un reportage du Guardian évoquait quant à lui un couple de Patras qui, faute de ressources, cherchait à «placer»4 de ses 10 enfants.
«Il s’agit d’incidents isolés montés en épingle», tempête le président de l’association Sourire de l’enfant, qui accueille 285 petits dans 11 centres à travers le pays. Même indignation chez Marina Katsimbali, directrice du centre chrétien l’Arche du monde, qui s’occupe des enfants des rues : elle se plaint d’appels téléphoniques incessants, «y compris d’Australie et de Nouvelle-Zélande», et voudrait «en finir avec cette histoire, d’autant que la journaliste auteure de l’article s’apprête à modifier sa version». Quant aux services sociaux de la mairie de Patras, ils expliquent que les motivations du couple n’étaient pas totalement désintéressées et que le problème est en voie de règlement. Comme un accès de fierté nationale dans un pays où la famille reste la véritable colonne vertébrale de la société et où l’enfant est sacré. Pourtant, le constat n’en est pas moins unanime sur la réelle dégradation de la situation depuis le début de la crise. Stérios Sifnios, de l’ONG SOS Villages d’enfants, à l’origine de l’histoire d’Anna, souligne qu’il y a une forte augmentation des demandes de familles qui «n’arrivent plus à joindre les deux bouts alors qu’auparavant il s’agissait surtout de cas sociaux».
L’année 2011 a connu un doublement des demandes d’aide dans la région d’Athènes, où 45% des 190 dossiers concernent uniquement des problèmes économiques. Ce sont des mères seules, ou des couples ayant perdu emploi et logement, des Grecs en grande majorité, qui s’adressent aux juges pour enfants à la recherche d’une solution provisoire de placement. Qui aboutit rarement faute de structures publiques suffisantes. «La crise agit comme une loupe grossissante sur des problèmes préexistants : santé, violence, négligence… et elle génère angoisse et crises de panique», explique le psychologue Stephanos Alevisos. Ce que confirme une responsable à la mairie de Patras, où 5 assistantes sociales, seulement, s’occupent d’une vaste population comprenant de nombreux immigrés : «A Noël, nous avons distribué des colis à 1 200 familles, contre 700 en 2010, dont des Grecs qui ont dépassé le stade de la honte et qui réclament du lait et des vêtements pour leurs enfants.»
source : libération
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